
La situation dans la région du Darfour, au Soudan, est considérée comme la pire crise humanitaire au monde. C'est pourquoi les efforts déployés dans le cadre de l'aide humanitaire internationale sont considérables. La vie de millions de gens dépend de l'aide extérieure. Les principaux enjeux sont la sécurité et l'accès aux populations en détresse.
Outre le Darfour, d'autres parties du Soudan, en particulier dans le sud, sont confrontées à des besoins humanitaires énormes. Des affrontements dans la région d'Abyei, riche en pétrole, font planer des menaces sur l'accord de paix nord-sud de 2005. L'aide d'urgence apportée par la Commission européenne au Soudan, pour sauver des vies et stabiliser les conditions de vie, devrait dépasser les €136 millions en 2008.
L'aide humanitaire de la Commission au Darfour vise essentiellement à sauver et protéger des vies et à atténuer la souffrance et stabiliser les conditions de vie des populations autochtones, des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des populations tchadiennes réfugiées au Darfour en raison du conflit qui bouleverse leur pays.
Au début de l'année 2008, plus de 2,5 millions de personnes avaient été déplacées à l'intérieur du Darfour, sans compter les centaines de milliers de nomades et d'habitants des zones rurales qui ont été touchés par le conflit. Et ces chiffres ne cessent de grimper. Dans un même temps, l'accès aux populations en détresse devient extrêmement difficile à cause des combats et des actes de banditisme perpétrés dans la région.
Si l'intervention de la Commission européenne est destinée en grande partie à l'aide alimentaire, elle concerne également les soins de santé de base, l'eau et les équipements sanitaires, l'hébergement, ainsi que la distribution d'autres articles essentiels. Par ailleurs, l'expansion continue des camps de réfugiés au Darfour a fait des questions d'hygiène environnementale et de protection des ressources naturelles des priorités absolues.
L'aide humanitaire de la Commission bénéficie également aux populations du Darfour réfugiées au Tchad voisin et aux personnes déplacées dans l'est du Tchad. En 2008, 250 000 personnes bénéficiaient de cette aide.
Les besoins humanitaires de cette vaste mais pauvre région qu'est le sud du Soudan demeurent importants, en dépit de l'accord de paix global signé en 2005. Cet accord a mis fin à des décennies de conflits entre le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles du sud du Soudan.
Les lacunes en matière d'infrastructures, d'emploi, de moyens de subsistance et d'accès aux services de base pour des pans entiers de la population ne représentent qu'une partie des défis à relever. La sécurité est une autre préoccupation majeure. Les activités des groupes armés, le banditisme et les affrontements tribaux sont autant de problèmes qui se posent, souvent dans la région pétrolifère d'Abyei. En outre, le sud du Soudan est souvent frappé par des catastrophes naturelles et des épidémies.
On estime qu'un demi-million de réfugiés et de personnes déplacées devraient retourner dans le sud du Soudan au cours de la seule année 2008. Cela va augmenter d'autant plus la pression déjà exercée sur les ressources limitées et les infrastructures insuffisantes.
L'aide humanitaire de la Commission se concentre non seulement sur l'assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées dans une perspective de retour, mais également sur la préparation aux situations d'urgence et la capacité à réagir à celles-ci. Les fonds de la Commission sont utilisés pour fournir des soins de santé de base, de l'eau, des équipements sanitaires et de la nourriture, ainsi que pour mettre en place des programmes de sécurité alimentaire.
Le service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) se charge de réagir aux situations d'urgence, qu'elles soient dues à l'homme (en cas de conflit) ou d'origine naturelle (inondations et épidémies). En raison de l'insécurité générale et des problèmes logistiques et/ou d'infrastructures, ECHO s'occupe également de fournir un appui aux services communs tels que la coordination de la sécurité et le transport aérien humanitaire.
Au Soudan, ECHO dispose de bureaux d'appui à Khartoum (la capitale), à Nyala (au Darfour) et à Juba (dans le sud). Les experts d'ECHO suivent de très près la situation humanitaire et contribuent activement à la coordination des opérations d'aide humanitaire au plan local. Ils contrôlent aussi l'utilisation des fonds octroyés à ce titre par la Commission.
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