Au Sahel, l’Unicef estime que 600 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année, plus de la moitié à cause de la malnutrition. À ce tsunami silencieux, il faut ajouter les dizaines de milliers d’enfants qui, touchés par la malnutrition dès leur petite enfance, souffrent d’un retard de croissance qui réduit à néant leurs chances de devenir des adultes actifs et en bonne santé.
La zone sahélienne est une ceinture qui coupe l'Afrique, du Cap Vert à l'ouest, au Soudan à l'est. La région est caractérisée par de faibles précipitations, de type cyclique, durant quelques mois de l'année. Depuis quelques années elles deviennent plus irrégulières et ont diminué dans la zone sud du Sahel. Cette région est la plus pauvre et l'une des plus sous-développées au monde. Six pays de la région sont classés parmi les derniers des 177 pays de l'Index de Développement Humain des Nations Unies.
Les trois quarts de la population vivent en zone rurale et dépendent d'une agriculture de subsistance. Les chocs successifs (sécheresse, invasion de criquets, effets des crises voisines) ont gravement amoindri les chances de survie des populations.
Depuis 2005, le service d’aide humanitaire de la Commission européenne finance des projets visant à réduire les taux de malnutrition dans la région du Sahel. Au Niger, en 2005, plus de 15% des enfants de moins de 5 ans étaient malnutris. En 2007, ce taux a été ramené à 10%, pour une grande partie grâce à l’effort supplémentaire des partenaires humanitaires de la Commission (Agences spécialisées des Nations Unies, Croix rouge, ONGs).
L'objectif du service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) dans la sous-région du Sahel est de continuer à contribuer à la réduction de la malnutrition aiguë et de la mortalité au sein des populations les plus vulnérables, notamment les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes et allaitantes.
Les pays ciblés par cette intervention humanitaire soutenue sont ceux qui présentent les plus fort taux de malnutrition, dépassant parfois largement les 10% de la population des enfants âgés de moins de 5 ans : Le Niger, le Mali, la Mauritanie, le Togo, le Tchad et le Burkina Faso.
Depuis 2005, les projets financés ont permis de traiter des centaines de milliers d'enfants contre la malnutrition aiguë et de faciliter l’accès aux services de santé aux populations souvent totalement démunies. Ils ont également permis aux intervenants humanitaires ainsi qu'aux communautés locales de mieux comprendre, prévoir et gérer les futurs chocs extérieurs.
Cette aide humanitaire soutenue, de plus de 50 millions d’euros depuis 2005, a permis le traitement de nombre d’enfants dénutris, ce qui a eu un effet significatif sur la réduction de la malnutrition et de la mortalité infantile.
Mais la Commission européenne s’est aussi donné pour objectif la sensibilisation du grand public et des gouvernements afin que la malnutrition soit au centre des préoccupations et des politiques de développement. Sans cette prise de conscience collective, les pays touchés par la malnutrition ne pourront aspirer à la croissance économique et accéder un jour au développement durable.