
Depuis 1989, le Liberia connaît un conflit interne avec, au début des années 2000, une recrudescence des attaques. En juin 2003, les offensives menées par les groupes rebelles « Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie » (LURD) et le « Mouvement pour la Démocratie au Liberia » (MODEL) sur Monrovia et sur d’autres villes importantes du pays provoquent une crise humanitaire sans précédent.
Cette crise engendre des déplacements massifs de populations, une pénurie alimentaire, des épidémies de choléra, une augmentation de la morbidité, un effondrement des services de santé, d’eau et d’assainissement, la destruction des infrastructures, mais aussi la violation systématique des droits de l'homme. Suite aux affrontements, on estime à 340 000 le nombre de personnes qui, fuyant les zones de combat, se réfugient dans des camps du UNHCR dans les pays voisins (Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Guinée), et à près de 330 000 le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Aujourd’hui, le pays connaît une phase de stabilisation mais les autorités locales, affaiblies par des années de guerre, ne sont pas encore en mesure d’assurer les services de base permettant la survie d’une population extrêmement affaiblie. Pour cette raison, et en réponse à des besoins encore très présents, la Commission européenne continue de soutenir nombre de projets humanitaires visant à réduire la mortalité infantile, à améliorer la nutrition des enfants et des femmes enceintes, à permettre un meilleur accès aux soins, à prévenir et traiter les épidémies et à permettre le rapatriement des réfugiés qui n’ont pas encore pu regagner leur pays.
Depuis 2003, par le biais de ses partenaires sur le terrain, le service d’aide humanitaire de la Commission (ECHO) assure un soutien massf et permanent aux victimes du conflit. En 2003, par exemple, ECHO alloue €12,4 millions pour la mise en œuvre de projets visant à soutenir les déplacés internes, à distribuer de l’aide alimentaire et d'autres articles de première nécessité, à améliorer l’acces aux soins de santé, à l’eau et à l'assainissement, et à assurer le fonctionnement de centres de nutrition thérapeutique.
En 2004, l’amélioration de la sécurité permet aux acteurs humanitaires d’accéder à des zones jusque là inaccessibles. Dès lors, la Commission alloue €13,3 millions supplémentaires pour venir en aide aux déplacés dans les camps, mais aussi pour protéger les déplacés et les réfugiés qui rentrent chez eux et pour restaurer l'accès à certains services de base dans les zones de retour.
En 2005, 2006 et 2007, avec le maintien de conditions de sécurité favorables, le budget humanitaire en faveur du Liberia est porté à €54 millions toujours dirigés vers les populations les plus vulnérables dans un contexte de retours croissants.
En 2008, une nouvelle décision humanitaire a été prise en faveur du Liberia pour un montant de plus de €16,7 millions sur 18 mois. Comme les décisions qui ont précédé depuis 2003, ces fonds visent à soutenir une population vulnérable qui ne bénéficie pas encore de toutes les conditions nécessaires pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires, en particulier la sécurité alimentaire. Le taux de chômage reste extrêmement élevé et il est nécessaire de maintenir une présence humanitaire forte dans le pays afin de continuer à sauver des vies et permettre aux plus vulnérables de se redresser et d’envisager un avenir meilleur.