
La malnutrition chronique atteint un niveau élevé en Éthiopie; l’eau potable n’est accessible qu’à la moitié des 72 millions d’habitants que compte le pays. La population continuant d’augmenter à raison de 2 millions par an, l’Éthiopie risque de se voir confrontée à des problèmes critiques menaçant la vie humaine, et ce dans des proportions considérables.
Les capacités locales nécessaires pour faire face à de tels besoins d’urgence sont limitées, particulièrement en ce qui concerne les communautés pastorales extrêmement vulnérables qui vivent dans des zones sujettes à la sécheresse et où la rareté des ressources donne lieu à de fréquents conflits. Le secteur de la santé bénéficie d’un faible financement, qui ne s’élève qu’à 3 € par personne par an. Par conséquent, le pays se heurte depuis longtemps à une crise de morbidité et de mortalité liée à la malnutrition et à la pauvreté, sur lesquelles viennent se greffer la déforestation et la crise environnementale. L’apparition de foyers de maladies, la malnutrition et les risques climatiques (sécheresse et inondations) engendrent des besoins humanitaires. Une assistance humanitaire internationale est dès lors nécessaire pour répondre efficacement à ces besoins critiques et largement étendus.
Malnutrition :
les effets induits par les faibles précipitations viennent aggraver la malnutrition chronique. Ce fut le cas, en 2004, des régions de l’Amhara et des territoires méridionaux (SNNPR), où la principale récolte dépend des pluies de la saison du Belg.
Épidémies :
la résistance aux médicaments anti-paludiques conventionnels atteint maintenant 36%, ce qui, conjugué aux mouvements de la population vers les régions à paludisme endémique, entraîne un accroissement du taux de morbidité. En outre, les modifications climatiques ont donné lieu à une augmentation des cas de paludisme des hauts plateaux, dégradant davantage la situation.
Risques climatiques :
quatre années de manque ou d’insuffisance de précipitations dans la région somalienne ont entraîné une sécheresse qui a épuisé les mécanismes d’adaptation de la population pastorale. La sécheresse a également affecté la Somalie et le Kenya septentrional, régions vers lesquelles la population migre normalement, à la recherche d’eau et de pâturages. Dans certaines régions, telles que la zone de Warder de la région somalienne, les troupeaux de bovins ont diminué de 70 % par rapport aux niveaux normaux, depuis 2003.
ECHO a alloué €6,5 millions à la mi-2004, pour une période de 12 mois. Une aide supplémentaire est envisagée. Entre 500 000 et 1 000 000 de bénéficiaires recevront une assistance médicale curative, combinée à d’autres fournitures (eau et produits alimentaires). Au titre de l’assistance curative d’urgence sera fourni un nouveau traitement anti-paludique ACT (thérapie combinée à l’artésunate), compte tenu de la résistance au traitement anti-paludique conventionnel. D’autres maladies (le Kala azar) ainsi que la malnutrition aiguë et modérée, seront également traitées, notamment dans les zones de réinstallation. Des fonds seront également octroyés pour une assistance vétérinaire d’urgence et la fourniture d’eau saine.