
La République du Yémen, un des 30 pays les moins développés au monde, est confrontée à de graves problèmes humanitaires.
La qualité du système de santé publique est largement insuffisante surtout dans les zones rurales. Des rapports indiquent que neuf personnes sur dix n'ont pas accès à des ressources minimales d'eau pour un usage domestique. Les maladies hydriques sont une des causes principales de mortalité chez les enfants, et les accouchements provoquent 42 % des décès parmi les femmes en âge de procréer. Environ 46 % des enfants présentent une insuffisance pondérale modérée ou importante.
Au printemps 2005, une grave épidémie de poliomyélite, facilitée par le faible taux d'immunisation, s'est rapidement propagée à tout le pays. Cette maladie, qui peut paralyser ses victimes en l'espace de quelques heures et pour laquelle aucun traitement n'est encore connu, est particulièrement dangereuse pour les enfants. En juillet 2005, le Yémen regroupait à lui seul 40% des cas de poliomyélite dans le monde.
L'accès à l'éducation élémentaire laisse beaucoup à désirer, surtout chez les filles, dans ce pays où 71% des femmes sont illettrées. C'est un chiffre élevé: en comparaison, il s'élève à 46% dans l'ensemble des pays à faible revenu, et à 35% dans les pays du Moyen-Orient. Au Yémen, 31% des hommes sont illettrés.
Le Yémen est par ailleurs exposé à des catastrophes naturelles comme des crues soudaines, des tempêtes ou la sécheresse. Les pouvoirs publics nationaux et locaux étant pratiquement démunis face à de tels évènements, de nombreux Yéménites y sont très vulnérables.
Le Yémen se situant dans une région plutôt connue pour son opulence, ses besoins humanitaires sont souvent oubliés par les médias et les donateurs. La communauté internationale n'apporte également que peu d'aide.
Au cours des cinq dernières années, le service d'aide humanitaire de la Commission européenne a consacré plus de 12,2 millions d'euros au Yémen. Cette aide, destinée à la remise en état de réseaux locaux de distribution d'eau et d'infrastructures hospitalières, a permis d'améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables.
En réponse à l'épidémie de polio de 2005, la Commission a alloué 500 000 euros à une campagne nationale de vaccination des enfants de moins de cinq ans.
En 2006, la Commission a collaboré avec des ONG pour apporter l'eau potable à 30 000 personnes et des soins de santé à 70 000 personnes. Toutes ces interventions ont été effectuées dans une optique de développement durable.
D'importants efforts sont faits pour soigner les femmes et les enfants, et les sensibiliser à l'hygiène. Des infirmières qualifiées dispensent des formations d'aide à l'accouchement et d'hygiène maternelle et infantile. D'autres interventions portent sur la lutte contre la malaria et les maladies hydriques grâce à des campagnes de vaccination, de diagnostic et de collecte de données.