
Le conflit que connaît la Colombie depuis plus de 40 ans, empêche le développement socio-économique et la stabilité d'un des pays les plus riches d'Amérique latine, abritant une nature de toute beauté et de multiples ressources naturelles.
Victime de la violence créée par ces conflits internes, la Colombie est devenue le deuxième pays au monde, après le Soudan, au nombre de personnes déplacées internes (PDI).
Depuis 1994, la Commission européenne a alloué plus de 100 millions d'euros, par le biais de son département d'aide humanitaire (ECHO), pour venir directement en aide aux personnes ayant dû quitter leur maison, consignées dans leur province ou ayant dû chercher refuge dans les pays voisins.
La Colombie doit faire face à une crise humanitaire sans précédent. Les plus de 40 ans de conflit ont très sérieusement affecté le développement socio-économique et la stabilité du pays. Victime de la violence provoquée par ce conflit interne, la Colombie doit maintenant faire face à une des plus importantes crises humanitaires dans le monde, la plus grave du continent Américain.
On estime que 3,8 millions de personnes ont été déplacées pendant les 20 dernières années, 219 886 d'entre elles ayant dû quitter leur foyer au cours de l'année 2006 (source CODHES (Consultoría para los Derechos Humanos y el Desplazamiento), ONG colombienne spécialisée dans les questions de PDI). Pendant les trois premiers mois de 2007, plus de 15 000 colombiens ont été forcés de fuir leur maison. Les populations déplacées sont souvent forcées de vivre dans des abris précaires, sans accès à des services de base tels que de l'eau potable ou de l'assainissement. Les femmes représentent une partie importante de cette population déplacée. L'augmentation du recrutement forcé d'enfants en âge scolaire par les groupes armés irréguliers est une autre conséquence de ce conflit, ainsi que les accidents causés par les mines anti-personnel, provoquant l'isolement de beaucoup de communautés et les mettant sous le contrôle de ces groupes armés. Les épreuves endurées par les populations civiles, victimes de déplacements, kidnappings, brigandages et tortures, sont insupportables.
Les conséquences du conflit en Colombie rejaillissent de plus en plus sur les pays voisins. Traditionnellement, l'Equateur et le Venezuela constituaient la destination principale des réfugiés colombiens mais le Panama a rejoint cette liste récemment. Ces trois pays sont confrontés chaque jour à un nombre toujours plus important de réfugiés. Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR) estime que plus de 500 000 colombiens ont fui la violence dans les pays voisins et ont besoin de protection, même si beaucoup d'entre eux ne sont jamais enregistrés.
Faire face aux besoins rencontrés par les populations déplacées en Colombie représente sans aucun doute un très gros challenge, qu'ECHO a relevé en coordination avec ses partenaires de terrain, par une étroite collaboration, consultation et coordination, définissant les priorités par secteurs et zones géographiques. Cette coordination apporte une meilleure compréhension de l'extension géographique des déplacements et une analyse détaillée des besoins humanitaires, permettant à ECHO de compléter ses actions. La Commission européenne met ainsi en oeuvre son aide en Colombie au travers de ses partenaires : ONG européennes, mouvement de la Croix Rouge et agences humanitaires des Nations unies.
L'engagement de la Commission européenne envers les populations colombiennes déplacées s'est considérablement renforcé depuis les premières actions d'aide humanitaire d'urgence, initiées en 1993 par son département d'aide humanitaire (ECHO). Pour poursuivre cet engagement, les Plans Globaux d'aide humanitaire furent créés en 1997, générant une meilleure coordination et une portée plus large pour atteindre plus de régions du pays, permettant ainsi un impact plus grand. Depuis, l'aide humanitaire de la Commission européenne a dépassé les 100 millions d'euros, au bénéfice direct des populations déplacées, consignées dans leurs provinces ou ayant cherché refuge dans les pays voisins.
En mars 2006, la Commission a alloué une enveloppe de 12 millions d'euros PDF file pour l'aide humanitaire aux victimes du conflit en Colombie, pour assurer leur protection et apporter l'aide nécessaire et pour faire face aux conséquences des déplacements de populations, aussi bien en Colombie que dans les pays voisins, principalement en Equateur et au Venezuela. Cette aide a bénéficié à 169 000 personnes.
Poursuivant sa mission en Colombie et l'élaboration et la coordination de ses Plans Globaux pour venir en aide aux populations déplacées, cette année, ECHO va lancer son 11ème Plan Global (2007), réitérant ainsi l'engagement européen envers les populations dans le besoin.
La stratégie d'ECHO est basée sur et renforce celle des années précédentes. L'objectif principal est de fournir la protection et l'aide nécessaires aux populations affectées par le conflit en Colombie et dans les pays voisins. Plus de 197 000 personnes seront soutenues par la Commission en 2007, dont certains réfugiés, en Colombie, Equateur, Venezuela et au Panama.
Plus de 50 000 personnes recevront de l'aide d'urgence, y inclus de la nourriture et de l'aide non alimentaire pendant les trois mois suivant leur déplacement forcé (six mois pour les femmes chefs de famille); près de 80 000 personnes recevront une aide humanitaire de base pour améliorer leur conditions de vie et leur intégration sociale et près de 3 000 autres bénéficieront de services de protection de l'enfance. Le montant total de ce Plan Global 2007 est de 12 millions d'euros. Les projets auront une durée moyenne de 12 mois, pendant la période de mise en oeuvre possible de 18 mois.
Il est important de mettre l'accent sur le fait que, même si la plus grande partie des fonds d'ECHO en Colombie est destinée à la population déplacée, il y a également d'autres projets mis en place, tels que la réponse rapide aux urgences humanitaires et les programmes de préparation aux désastres (DIPECHO), avec pour objectif principal de réduire la vulnérabilité de la population face aux catastrophes naturelles.
A l'évidence, la tâche en Colombie continue à prendre de l'importance, avec plus de trois millions de colombiens victimes de déplacements forcés. La Commission européenne reste donc présente au travers de ses Plans Globaux, de l'aide humanitaire d'urgence et de ses programmes DIPECHO, apportant une aide constante et cruciale aux victimes de cette crise humanitaire. Cette action est dans la droite ligne de son mandat : "sauver et préserver des vies humaines dans les situations d'urgence et de post-urgence immédiate, lors de catastrophes naturelles ou de conflits".