
Affichant en 2006 un PIB par habitant de plus de 6 500 euros, classée 74ème à l'indice de développement humain, la Thaïlande, deuxième puissance économique du Sud-Est asiatique, est en mesure de se préparer aux catastrophes naturelles et d'y réagir. Le pays dispose ainsi des capacités nécessaires pour faire face à des menaces comme les inondations. Toutefois, depuis le début des années 1980, la Thaïlande est touchée par la crise humanitaire qui frappe le Myanmar voisin et qui s'est propagée dans ses provinces occidentales, où des milliers de personnes se sont réfugiées, fuyant le conflit. Une aide humanitaire internationale a donc été mise en place pour l'aider à surmonter ces nouvelles difficultés. Depuis 1995, le Département d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO), un des plus importants donateurs de la région, vient en aide des plus de 150 000 personnes réfugiées à la frontière.
Depuis que le régime militaire du Myanmar a redoublé ses efforts pour affaiblir les factions armées formées par différents groupes ethniques, de violents affrontements ont poussé des milliers de personnes à abandonner leur foyer et leurs moyens de subsistance pour se réfugier en Thaïlande. Les combats les plus intenses se sont déroulés dans les régions orientales du Myanmar, où l'Union nationale karen (UNK) et les militaires birmans se sont livré une violente lutte territoriale. Les pourparlers pour un cessez-le-feu restant au point mort, les hostilités devraient se poursuivre et entraîner d'autres déplacements. Début 2007, on estimait le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du Myanmar à 500 000 et à plus de 150 000 le nombre de réfugiés répartis dans neuf camps établis juste au-delà de la frontière séparant le Myanmar de la Thaïlande.
Sans espoir de retour immédiat, l'avenir des réfugiés est sombre. Certains vivent dans les camps depuis plus de vingt ans. N'étant pas autorisés à les quitter pour subvenir eux-mêmes à leurs besoins, ils dépendent de l'aide extérieure pour la nourriture, l'éducation et les services de santé.
Depuis 1995, la Commission européenne fournit de l'aide alimentaire, de l'assistance sanitaire, de l'eau potable et des installations d'assainissement par l'intermédiaire d'ECHO. En 2008, ECHO a alloué 9,5 millions d'euros pour financer ces opérations sur l'enveloppe de 18 millions destinée à faire face également aux besoins au Myanmar. Ces fonds sont acheminés au travers de quatre organisations non gouvernementales (ONG), qui mettent en œuvre les opérations financées par ECHO dans six camps.
L'aide alimentaire destinée à quelque 100 000 réfugiés constitue la plus grosse part de cette aide. Elle se compose de sept denrées alimentaires de base: riz, haricots mung, huile de cuisine, farine vitaminée, pâte de poisson, sel iodé et piments séchés. Environ 137 000 réfugiés reçoivent également une aide pour les soins de santé, la fourniture d'eau potable et des installations d'assainissement. Les soins de santé de base sont donnés dans des cliniques installées dans les camps et gérées par du personnel local. Les soins complémentaires sont dispensés dans les hôpitaux thaïlandais. Des mesures sanitaires préventives (programmes d'immunisation, par exemple) sont également mises en œuvre et des soins de santé sont dispensés aux mères et aux enfants. Les systèmes de collecte et de distribution d'eau sont gérés, entretenus et rénovés afin de couvrir les besoins en eau et en assainissement. La qualité de l'eau est régulièrement contrôlée et améliorée grâce à des traitements spécifiques. Pour éviter les épidémies, des projets d'assainissement et d'évacuation des déchets sont lancés, couplés à une éducation à l'hygiène.
D'autres instruments financiers de la Commission viennent en aide de la population des camps en finançant des formations professionnelles de base (tailleurs, mécaniciens, charpentiers, boulangers) et des programmes complémentaires de santé, notamment dans le domaine de la santé reproductive et de la prévention du VIH et du sida, à l'intention des réfugiés et de la population des villages voisins.
Un programme de réinstallation concernant 32 000 réfugiés a été lancé par dix pays occidentaux en 2006. Il permettra à un grand nombre d'entre eux de démarrer une nouvelle vie à l'étranger avant fin 2008.
Autres actions humanitaires
Si l'action d'ECHO en Thaïlande concerne essentiellement les camps de réfugiés installés le long de la frontière occidentale, la Commission reste néanmoins prête à intervenir en cas de circonstances exceptionnelles. L'ampleur sans précédent du tsunami survenu fin 2004 et la dévastation qu'il a provoquée ont ainsi amené ECHO à financer l'aide pour 4 000 personnes appartenant à une communauté de petits pêcheurs vivant dans les provinces de Phang Nga et Ranong, dans le sud du pays, pour lesquelles la pêche constituait le seul moyen de subsistance.
Au-delà de cela, la Commission européenne facilite les échanges de savoir-faire entre les organismes d'intervention d'urgence, les autorités locales et les instituts techniques chargés de mettre en place des plans nationaux de gestion des catastrophes, et assure leur formation, par son soutien aux Nations unies et au Centre asiatique de prévention des catastrophes (ADPC) dans le cadre de son programme DIPECHO.