
Depuis le début des années 90, la population d'Asie centrale vit dans des conditions difficiles. Les conséquences des conflits internes ont été exacerbées par des catastrophes naturelles et de faibles capacités de réaction. ECHO, le service d'aide humanitaire de la Commission européenne, vient en aide à l'Asie centrale depuis 1993.
Les projets financés par ECHO dans cette région ont contribué à renforcer les capacités des structures locales, à améliorer les installations d'assainissement et d'approvisionnement en eau, la sécurité alimentaire, l'alimentation et l'éducation en matière d'hygiène alimentaire, ainsi qu'à faciliter l'accès aux services de santé. Ces opérations humanitaires ont été mises en œuvre par les partenaires de la Commission que sont les ONG, les agences des Nations unies ainsi que la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Grâce à son programme DIPECHO de préparation aux catastrophes, ECHO joue un rôle important dans toute la région, mais surtout au Kirghizstan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan.
Le Tadjikistan est actuellement en train de connaître des conditions climatiques rudes qui ont un impact dramatique sur les capacités de la population à résister au temps froid. De ce fait, le pays se trouve confronté à une crise énergétique. Il y a une demande croissante d'électricité, principale source de chauffage. Etant l'un des pays les plus pauvres de la région, le Tadjikistan est confronté à un déficit drastique en énergie. Le froid rigoureux a endommagé les systèmes d'adduction d'eau et a aussi détruit les récoltes, les semences et le bétail. Les premières évaluations des besoins indiquent qu'environ deux millions de personnes sont affectées par la crise.
La Commission a décidé d'allouer un montant global d'aide de 750.000 euros pour prêter assistance aux personnes les plus vulnérables dans les zones rurales et urbaines. Les interventions porteront sur la fourniture de denrées non périssables, des actions d'assainissement de l'eau et de sécurité alimentaire (approvisionnement en semences et en bétail). L'assistance est apportée par les partenaires opérationnels d'ECHO déjà présents dans la région, tels que les ONG et les agences des Nations unies.
À la suite de l'indépendance de l'Union soviétique, le Tadjikistan a connu une période de guerre civile entre 1992 et 1997, qui a fait des dizaines de milliers de victimes et entraîné un exode massif. Confronté au délabrement de ses infrastructures et de son économie, le pays a en outre dû faire face à une sécheresse qui a sévi de 1999 à 2001. Des accords de paix, qui ont officiellement mis fin à la guerre civile, ont été signés en 2000.
En dépit de la détérioration de la situation régionale et d'une censure stricte de l'information, le Tadjikistan progresse depuis 2001 vers une situation politique et économique stable. Toutefois, malgré ces améliorations, 64 % de la population vit toujours au-dessous du seuil de pauvreté.
Depuis 1993, ECHO assiste les populations les plus vulnérables avec une aide humanitaire de plus de 160 millions d'euros. En outre, grâce à l'aide internationale et à l'aide au développement accrues dont il bénéficie depuis quelques années, le Tadjikistan ne peut plus être considéré comme une «crise oubliée».
La Commission européenne a réagi à l'amélioration de la situation au Tadjikistan en s'efforçant de lier l'aide d'urgence à la réhabilitation et au développement (LRRD), un projet pilote qui s'est avéré fructueux. Ainsi, l'aide humanitaire fournie par ECHO fait place à des instruments de développement à plus long terme, tels que ceux mis en place par Europeaid par le biais de ses programmes de sécurité alimentaire. Cette transition s'est déroulée sans heurts grâce à l'engagement personnel de l'ensemble des services concernés, tant à Bruxelles qu'au niveau local. Sous l'effet des réformes essentielles entreprises dans les secteurs sociaux et financiers, le fossé entre les projets humanitaires et de développement se réduit progressivement, parallèlement au lien créé entre l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement.
Le nombre de ces projets actuellement mis en place au Tadjikistan ne cessant de croître, ECHO abandonnera progressivement ses activités humanitaires dans le pays à compter du premier semestre 2007, à l'exception de celles liées à la préparation aux catastrophes. Il continuera toutefois à suivre de près la situation au Tadjikistan et en Asie centrale.
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