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Népal

Aux prises avec des crises oubliées

Le Népal compte parmi les pays les plus pauvres de la planète. Surpeuplé et régulièrement exposé à des inondations et à des glissements de terrain catastrophiques, le pays est aussi le théâtre de deux crises oubliées. Depuis 2001, le Service d'Aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) a fourni une aide de près de 40 millions d'euros aux victimes du conflit dans les régions montagneuses et isolées, aux réfugiés bhoutanais qui vivent dans sept camps situés à l'est du pays et aux victimes des catastrophes naturelles.

La population népalaise lutte chaque jour pour sa survie.
La population népalaise lutte chaque jour pour sa survie.
Photo : EC/Line Urban

Un avenir sombre

On estime que l'insurrection maoïste a fait plus de 13 000 victimes entre 1996 et 2006. Les violences et les violations des droits de l'hommes perpétrées par les deux camps ont conduit un nombre croissant d'hommes jeunes à fuir en Inde et dans la plaine fertile du Teraï, laissant femmes, enfants et personnes âgées dans les régions montagneuses. Les familles ne possédant pas ou peu de terres ont été touchées par les pénuries alimentaires, les conflits ayant réduit de manière significative les sources locales d'emploi et de revenu. Les services de base en matière de santé, d'assainissement et d'éducation sont défaillants et ont été totalement interrompus dans certaines régions. On estime qu'entre 50 000 et 70 000 personnes déplacées n'ont pas encore réintégré leurs communautés d'origine.

Plus de 100 000 réfugiés du Bhoutan vivent actuellement dans des camps au sud-est du Népal, où leur survie dépend entièrement de l’aide humanitaire internationale. Ces réfugiés sont issus d’une communauté d’origine népalaise installée au Bhoutan depuis plus de 150 ans. Contrainte de fuir le pays, la communauté a trouvé refuge au Népal au début des années 1990. Pourtant, aux yeux des autorités de Katmandou, ces réfugiés sont des ressortissants du Bhoutan. Confrontés à un vide juridique, frappés d’une interdiction officielle de travailler et ne disposant pas de terres cultivables, ils sont privés de tout moyen de subsistance. Bien que l’ampleur des besoins humanitaires soit de plus en plus alarmante, l'intérêt des médias internationaux pour cette crise est étonnamment faible.

Les violences après le conflit

Le conflit a accru la vulnérabilité de la population. Le Népal connaît en outre un problème grave de malnutrition: la moitié des enfants de moins de cinq ans présentent une insuffisance pondérale et 60 % des ménages ruraux n'arrivent pas à produire assez de nourriture pour subvenir à leurs besoins élémentaires.
La Commission a mis en œuvre des projets d'aide pour répondre aux besoins. En 2007, elle a fourni une aide humanitaire de 4,5 millions d'euros en faveur des 600 000 personnes touchées par le conflit, en particulier les femmes, les enfants et les personnes déplacées qui réintègrent leur lieu d'origine.

Bien que le conflit soit maintenant officiellement terminé, les institutions du pays demeurent fragiles et le climat politique et de sécurité est encore instable, avec des violences et des violations des droits de l'homme quotidiennes.

Durant le premier trimestre 2008, la Commission européenne a décidé d'accorder une aide humanitaire d'un montant de 4,5 millions d'euros aux quelque 700 000 personnes touchées par le conflit en leur fournissant des abris, un accès à l'eau, des services en matière de santé, de nutrition, de protection et de moyens de subsistance.

Les catastrophes naturelles

En 2006, l'arrivée tardive des pluies a été à l'origine d'une grande sécheresse. Le Service d'Aide humanitaire de la Commission européenne a accordé une aide de 2,8 millions d'euros aux victimes de cette sécheresse dans l'ouest du pays.

En 2007, des pluies incessantes se sont abattues pendant plusieurs mois sur de grandes parties de l'Inde, du Népal et du Bangladesh, provoquant de graves inondations, qui ont à leur tour détruit des logements et entraîné des déplacements de population. La destruction des récoltes et du bétail s'est soldée par une diminution des moyens de subsistance et, partant, une crise alimentaire. La contamination de l'eau et la dégradation des infrastructures sanitaires de base ont eu de graves conséquences sur la santé publique.

La Commission a accordé une aide de 2 millions d'euros aux habitants les plus touchés par les inondations et veillé à ce que plus de 108 000 réfugiés reçoivent une aide alimentaire (riz, légumes secs, huile, sucre, sel, mélange blé/soja).