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Laos

Gérer l'urgence et aider au redressement

Présent depuis 1993 dans la République populaire démocratique lao, le service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) s'est employé à alléger le sort des populations en proie aux séquelles de la guerre du Viêt Nam, à l'extrême pauvreté et aux déplacements forcés. Ces dernières années, le Laos n'a heureusement pas été confronté à de graves situations d'urgence humanitaire et l'on constate même une amélioration constante des conditions de vie grâce aux programmes de développement mis en place dans le pays. C'est pourquoi les derniers programmes d'aide humanitaire financés par ECHO sont maintenant clôturés. Le Service reste toutefois prêt à intervenir en cas de nouvelle urgence humanitaire.

Situation du pays

Construction d’un sentier pour améliorer l'accès à un marché local.
Construction d’un sentier pour améliorer l'accès à un marché local.
Photo : EC/ECHO/Nick Bridger

Anciennement intégré à l'Indochine française, le Laos est devenu indépendant après 1945. Depuis 1975, date à laquelle le parti populaire révolutionnaire lao (PPRL) est devenu le seul parti politique légal, le Laos est un État monopartite stable. Le PPRL continue d'être la principale institution politique de ce pays qui a officiellement conservé une idéologie marxiste-léniniste. Depuis la fin des années 1980, le Laos s'ouvre progressivement à l'économie de marché.

Avec 5,8 millions d'habitants et un revenu moyen par tête d'environ 456 USD en 2005, le Laos est un des pays les plus pauvres d'Asie du Sud-Est (ASE). Son indice de développement humain (131e position sur 177 pays en 2005) est un des plus faibles du Sud-Est asiatique et du Pacifique. L'enjeu principal reste donc la réduction de la pauvreté, en particulier dans les régions rurales ou montagneuses où se concentrent les minorités ethniques. Le Laos est également très dépendant des aides extérieures, les fonds de l'aide publique au développement (APD) représentant plus de la moitié du budget de l'État.

Situation humanitaire

Le Laos a été directement touché par la guerre du Viêt Nam, qui y a fait des milliers de victimes. Celle-ci a laissé derrière elle des quantités de munitions non explosées (UXO) qui posent encore de sérieux problèmes aujourd'hui. Selon des estimations effectuées en 2004, la zone à risque couvrirait plus de 87 000 kilomètres carrés, soit 37 % du territoire.

Les minorités ethniques, qui habitent les régions les plus reculées du pays, ont été très durement touchées par les politiques mises en place par l'État pour éliminer la culture sur brûlis et du pavot à opium. Le déplacement de communautés isolées, destiné à les rapprocher des services administratifs, a entraîné une décomposition du tissu social, une dégradation de la sécurité alimentaire et des problèmes de santé chroniques chez certaines minorités ethniques.

En ce qui concerne les risques naturels, de vastes portions du territoire laotien sont exposées aux inondations et à la sécheresse. L'exploitation illégale des ressources forestières et la déforestation sauvage n'ont fait qu'aggraver la situation au cours des dernières années.

L'action d'ECHO

Depuis 1993, ECHO apporte un soutien humanitaire aux populations les plus vulnérables. Le service a subventionné des activités telles que l'approvisionnement des centres médicaux en médicaments et en matériel médical, la mise en place de systèmes d'eau potable et d'installations sanitaires, ou des opérations de déminage et de sensibilisation au danger des mines. Des petits projets d'infrastructure ont également été financés afin de renforcer la sécurité alimentaire et d'améliorer l'accès des populations reculées aux services et marchés de base.

Un des principaux objectifs d'ECHO a été de venir en aide aux minorités ethniques déplacées ou souhaitant rester dans leur village. L'aide apportée par le service à ces populations a essentiellement concerné la sécurité alimentaire, l'eau, l'hygiène et la santé.

De 2003 à 2006, les programmes financés par ECHO au Laos se sont élevés à 3,4 millions d'euros. Bien que les derniers programmes aient pris fin début 2007, le service n'en continue par moins de surveiller l'action humanitaire dans le pays et reste prêt à intervenir en cas de problème.

ECHO a par ailleurs financé huit projets de préparation aux catastrophes naturelles par l'intermédiaire du programme DIPECHO. De 1998 à 2006, près de 1,5 million d'euros ont été consacrés à ces projets, qui ont permis de renforcer localement le degré de préparation aux catastrophes naturelles en améliorant la capacité de réaction des communautés face à des risques tels que les feux de forêt, la sécheresse, les glissements de terrain et les inondations.