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Birmanie / Myanmar

L'urgence Nargis

Le cyclone Nargis a frappé le Myanmar les 2 et 3 mai 2008, balayant la région du delta de Ayeyarwady (Irrawaddy) et la plus grande ville du pays, Yangon.
Le cyclone a fait 140.000 victimes, affecté 2,4 millions de personnes et détruit ou gravement endommagé les principales activités de la région. Un retour à la situation pré-Nargis prendra un temps considérable et nécessitera une aide importante aux communautés.

Distribution de vivres et articles de première urgence.
Distribution de vivres et articles de première urgence.
Photo : EC/ECHO Bangkok

Lors de la phase d'urgence, le financement humanitaire de la Commission fut de €17 millions, pour venir en aide à 1,4 millions de personnes dans 7 secteurs : les abris, la nourriture, l'eau, l'assainissement, la santé, la nutrition, la protection et la logistique.

Même si on a pu faire face à un grand nombre des besoins essentiels des victimes pendant la phase d'urgence, l'ampleur et la gravité de la catastrophe font qu'il reste des zones avec d'énormes besoins. ECHO a donc pris une troisième décision humanitaire de €22 millions. Cette aide permettra de soutenir la récupération rapide et l'aide aux moyens de subsistance pour près de 850.000 personnes ainsi que de l'aide alimentaire et à la sécurité alimentaire à courte échéance pour près de 500.000 personnes. Un focus particulier sera mis sur les abris, l'eau/assainissement, la santé/nutrition et la réduction des risques de désastres.
[Communiqués de presse et liens] [Décisions de financement]


Une crise silencieuse

Le Myanmar fait face à une crise humanitaire profonde et largement méconnue. Même si le pays possède des ressources naturelles riches, le non respect des libertés fondamentales et le conflit interethnique persistant en font l'un des plus pauvres pays d'Asie. Depuis le milieu des années 90, l'aide du service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) s'est focalisée sur les soins de santé, l'assainissement et des projets contre la malaria, au bénéfice des victimes les plus vulnérables de la crise au Myanmar, aussi bien que pour les réfugiés le long de la frontière, en Thaïlande.

Un peu d'histoire : impasse politique et conflits ethniques

Traitement nutritionnel dans un centre d'alimentation thérapeutique, projet Action Co
Traitement nutritionnel dans un centre d'alimentation thérapeutique, projet Action Contre la Faim, Etat du Rakhine du Nord, Birmanie/Myanmar
Photo : EC/ECHO/A. Lemasson

C'est un régime militaire qui dirige le Myanmar depuis 1962. 40% des 53 millions d'habitants du pays font partie d'une centaine de groupes ethniques et vivent essentiellement dans les régions frontalières. Certains de ces groupes défendent leurs territoires ancestraux contre le gouvernement, dans un conflit armé larvé mais permanent. Depuis le début des années 90, le gouvernement a signé des accords de cessez-le-feu avec nombre de ces groupes mais l'insécurité reste un problème majeur et des centaines de milliers de personnes ont été déplacées, fuyant le conflit et les violences qu'il provoque.

Les Nations Unies et des organisations comme Amnesty International dénoncent fréquemment les violations aux droits de l'homme du gouvernement. Depuis le milieu des années 90, l'Union européenne a imposé des sanctions économiques au Myanmar et a limité ses financements aux programmes humanitaires.

Malgré la présence d'organisations internationales et une médiatisation récente, la crise humanitaire au Myanmar reste largement méconnue.

Des besoins humanitaires urgents

Le nombre de personnes déplacées internes au Myanmar est saisissant. En raison du conflit permanent entre les groupes ethniques et l'armée, des centaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons ou de déménager. En janvier 2007, il y avait plus de 150 000 réfugiés dans des camps le long de la frontière en Thaïlande.

De bas revenus, le manque de nourriture, la faiblesse des infrastructures et une éducation insuffisante sont les problèmes de plus en plus répandus, qui réduisent la capacité de survie des gens dans tout le pays et particulièrement dans les régions frontalières. On estime qu'un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté. 70% du budget familial sont dépensés exclusivement pour se nourrir.

L'état du secteur de la santé est particulièrement alarmant. Le budget santé par personne est le plus faible du monde. La plupart des régions du pays, surtout dans les zones frontalières, n'ont même pas de service de santé. La mortalité infantile est de 7%, presque quatre fois plus élevée qu'en Thaïlande. L'espérance de vie est de 56 ans, 15 ans de moins qu'en Thaïlande et 22 ans de moins qu'au Royaume-Uni, par exemple. On estime que 34% de la population rurale n'a aucun accès à l'eau potable, ce qui provoque des affections respiratoires et des maladies liées à l'eau, 43% d'entre eux ne bénéficiant pas de systèmes d'assainissement.

La réponse d'ECHO

Depuis 1994, ECHO a financé des programmes en faveur des groupes vulnérables au Myanmar ainsi que le long de la frontière, en Thaïlande. Pour faire face à la détérioration de la situation humanitaire, ECHO a augmenté ses financements de manière significative, passant de 6,5 millions € en 2001 à 19 millions € en 2007. Un bureau ECHO a été ouvert en octobre 2005 à Yangon pour faciliter la mise à disposition de l'aide humanitaire. 22% de l'aide d'ECHO au Myanmar sont consacrés aux soins de santé de base dans des régions isolées. Le solde est utilisé pour financer la nutrition, l'aide alimentaire ainsi que des programmes de protection. ECHO finance également la Croix Rouge Internationale pour des projets en ligne avec son mandat de respect de la loi humanitaire internationale. À la frontière thaïlandaise, les projets financés par ECHO assurent l'approvisionnement en nourriture et les soins de santé pour les réfugiés.

Assurer les soins de santé de base

Une grand-mère et son petit-fils assistant à une séance d'éducation à l'hygiène pour des écoliers, projet Terre des Hommes, Division Magway, Birmanie/Myanmar
Une grand-mère et son petit-fils assistant à une séance d'éducation à l'hygiène pour des écoliers, projet Terre des Hommes, Division Magway, Birmanie/Myanmar
Photo : EC/ECHO/A. Lemasson

Les soins de santé sont quasiment inexistants dans beaucoup des régions isolées. Dans ces zones, les organisations humanitaires fournissent un service de base, souvent essentiel, à des populations qui ont rarement été en contact avec des professionnels de la santé.

Les fonds financent des cliniques mobiles qui peuvent atteindre des zones très isolées. ECHO finance également la fourniture de médicaments essentiels et d'équipements médicaux de base pour les centres de santé ruraux ainsi que des kits médicaux pour les volontaires locaux dans les villages. Du personnel spécial est formé pour les cliniques de santé rurales et les volontaires aident à renforcer les capacités locales.

Améliorer l'accès à l'eau potable

Les projets d'eau et d'assainissement ont pour but d'améliorer l'accès à l'eau potable. On installe des collecteurs d'eau de pluie, construit ou rénove des réservoirs dans les villages et on fore des puits. C'est projets sont mis en œuvre avec l'aide des communautés bénéficiaires qui assurent également la maintenance des systèmes d'eau. De plus, des latrines sont installées dans les écoles primaires et dans les villages et des campagnes de sensibilisation à l'hygiène sont organisées.

Améliorer la nutrition

L'aide d'ECHO inclut des programmes de nutrition pour les femmes et les enfants ayant un accès limité à la nourriture. Des centres spéciaux de nutrition ont été mis sur pied dans l'est du pays, fournissant des suppléments nutritionnels et assurant la formation de 8 000 mères et enfants sous-alimentés. Cinq nouveaux centres de nutrition supplémentaires vont bientôt pouvoir traiter 5 400 personnes.

Appuyer la protection

ECHO finance des projets pour s'assurer que les personnes emprisonnées ou dans des camps de travail sont protégées et qu'elles ne subissent pas des traitements dégradants ou inhumains contraires aux lois internationales.

L'aide alimentaire

L'aide alimentaire est mise à disposition de familles vulnérables, essentiellement dans l'état de Shan. Pour des familles pauvres qui ont des difficultés à envoyer leurs enfants à l'école, l'aide permet d'alléger la charge financière qui interdirait à leurs enfants l'accès à l'éducation.